L’Aisne insolite

Chez No Mad Land, on aime l’insolite ! Et quoi de mieux que de parcourir un département pour en dénicher ?

L’Aisne, département de la région des Hauts-de-France est encore bien méconnu du grand public. Pourtant, il renferme bien des richesses !

Le Familistère Godin ou l’utopie sociale

Le Familistère de Guise a été construit à la fin du XIXe siècle par l’industriel Jean-Baptiste Godin pour ses ouvriers et leurs familles. Véritable “Palais Social”, il a pour but d’accueillir 1500 personnes. Selon lui, le bien-être de ses ouvriers est important afin de garantir leur productivité. De ce fait l’amélioration du logement constitue une première étape vers l’accès à la justice sociale.

Hygiéniste dans l’âme, le Familistère a été construit dans un soucis d’hygiène et de salubrité pour éviter tout risque de maladies ou épidémies. Cela passe par 5 points : l’air, l’eau, la lumière, l’alimentation et le confort.

Le logement doit tout d’abord être bien aéré. Chaque appartement possède une double-aération d’abord sur l’extérieur puis sur la cour intérieure de l’atrium. Un jardin d’agrément est également mis à la disposition de ses habitants comme espace de repos et de promenade à l’air libre. Il servira également comme potager dont les légumes seront vendus dans les économats.
Afin d’éviter que l’air devienne humide et malsain, il est interdit de laver son linge dans les habitations. Un lavoir est prévu à cet effet dans un bâtiment secondaire.
Les animaux sont interdits au familistère. Par contre, chaque logement possède une cage à oiseaux. Précurseur du détecteur de monoxyde de carbone avec l’utilisation des fameux poêle à charbon Godin pour chauffer et cuisiner.

L’eau est le second élément important de son projet. Elle est accessible facilement à chaque étage sous forme de fontaines à eau. Elle provient non pas de l’Oise mais d’un puit artésien creusé à quelques mètres de l’usine. Dans le lavoir et la piscine (un luxe pour cette époque), l’eau est chaude puisqu’elle descend directement de l’usine où elle a servi à refroidir le métal en fusion. Outre faire sa lessive, des douches pour se laver sont à disposition et un système ingénieux permet de remonter le fond en bois de la piscine de 2,5m à 30 cm par un système de treuil pour permettre aux enfants d’apprendre à nager.

Puis, l’accent est mis en avant sur la luminosité. La verrière de l’atrium en est la principale source. Et dans un soucis permanent d’équité, plus les appartements sont éloignés de la verrière, aux étages du dessous, plus les fenêtres donnant sur la cour seront grandes afin d’assurer la même luminosité dans chacun des logements.

L’alimentation et les autres produits nécessaires à la vie de tous les jours sont disponibles dans les économats ou magasins coopératifs. Les prix exercés sont faibles.

Enfin, niveau confort, Godin invite ses ouvriers à aménager leur habitation à leur guise. Elle possède au minimum deux pièces de vie, voire une troisième pièce pour les familles et peut mesurer jusqu’à 100m2. C’est un changement radicale du mode exigu et insalubre des habitations ouvrières de l’époque comme par exemple les corons. Le charbon leur est également fourni gratuitement.

Ce n’est pas juste un bijou d’ingénierie et architectural, c’est aussi tout une utopie sociale. Godin pense avant tout à l’épanouissement de ses ouvriers. Et cela passe par des réformes et avantages qui lui donnent un rôle de précurseur pour son époque. Au niveau du travail, il donne un jour de repos par semaine et réduit de 15 à 10h le temps de travail journalier. Il augmente également les salaires. Les salaires sont de environ 150 francs dans les usines Godin contre 80-100 francs dans les autres industries. Il met en place une assurance maladie et une caisse de retraite. L’école est publique, laïque, mixte et obligatoire jusqu’à 14 ans (alors que ce n’était que jusqu’à 6 ans à cette époque).

En savoir plus : site du Familistère Godin

Balade à vélo dans le Thiérarche

Les balades à vélo sont nombreuses dans le département. Pour nous rendre à Proisy et aller à la rencontre d’Hélène, nous avons loué des vélos électriques et emprunté l’Eurovélo 3 ou Scandibérique. 

Sur 20km aller-retour s’étend la Thiérarche bocagère. Calme et sérénité sont au rendez-vous.

A mi-chemin, une halte à la magnifique Église fortifiée de Saint-Médard de Flavigny-le-Grand-et-Beaurain est de rigueur. Il faut savoir qu’on en dénombre pas moins de 65 en Thiérarche !

A Proisy, au milieu d’un jardin qui semble sortir tout droit d’un conte de fées, Hélène me fait découvrir les plantes sauvages et médécinales de son jardin. Son but, remettre au goût du jour leurs pouvoirs et leurs vertus.
Hélène propose également des stages de cuisine, des sorties nature
ou encore des repas thématiques. 

Et rien de mieux que de finir cette balade à vélo par la visite du château fort de Guise. En fin d’après-midi, la luminosité permet de faire de beaux clichés du château et des environs.

En savoir plus : Jardin d’Hélène et carnet de route.

La Cathédrale Notre-Dame de Laon

Ce qu’il y a d’insolite dans cette cathédrale gothique du XII-XIIIème siècle, c’est la possibilité de monter dans sa tour pour découvrir Laon, ville médiévale dont le nombre de monuments historiques est le plus important en France. 

L’accès à la tribune permet également de découvrir la cathédrale vue de haut et me donne un bel aperçu de la rosace et des nefs centrales.

En savoir plus : Office du tourisme de Laon

Visite des souterrains de Laon

Les souterrains de la citadelle de Laon sont plus qu’insolites : ils sont en hauteur de la ville et permettent ainsi aux visiteurs de voir l’horizon !

La nouvelle visite de ces souterrains repose sur un concept scénographique innovant, nous offrant une réelle expérience immersive. A l’aide d’un audioguide et d’animations sensorielles, le visiteur voyage dans le temps, à la découverte de l’histoire de Laon.

En savoir plus : Office du tourisme de Laon

La Maison de Champagne Méteyer

Ch’ti dans l’âme, je suis plus bière que vin. Mais je sais apprécier de temps en temps une bonne coupe de champagne.

Je n’avais aucune idée de l’existence de production de champagne dans l’Aisne. Il faut savoir que le département représente 10% de la production totale de champagne en France, ce qui n’est pas rien.

La Maison de champagne Méteyer existe depuis 1860. Franck, son propriétaire et sa femme, Anne, sont la cinquième génération de cette entreprise familiale. Ils sont considérés comme des récoltants manipulants, c’est-à-dire qu’ils font tout de A à Z et cela dans un soucis d’agriculture bio et durable.

Leurs champagnes sont constitués d’assemblage de cépages différents :
– Pinot noir qui donne une structure charnue et du corps,
– Chardonnay qui est mineralite,
– Meunier qui met en avant le fruit et sa rondeur en bouche.

Les grapes sont issues d’un terroir argile, calcaire et parcellaire qui bénéficie d’un bon ensoleillement. La Maison possède 14 hectares de vignes mais elle produit peu d’hectolitres : 45.000 bouteilles par an.

Les champagnes Méteyer ne subissent pas de fermentation malolactique et privilégient un temps de vieillissement plus long. Une température stable est maitenue tout au long de la vinification pour n’avoir au final que la fermentation alcoolique. Ils ne sont que 7% des producteurs de champagnes à suivre ce process.

L’embouteillage se fait en janvier de l’année d’après puis s’ensuit l’incorporation de levures et de liqueurs de tirage (composées de sucre de canne et de vieux vin) pour la phase de moussification.

Après la moussification, la maturation entre en jeu. La durée varie selon les assemblages et le but recherché. Les champagne Méteyer sont millésimés. La maturation est donc de 3 ans en cave. Un millésime est constitué de l’assemblage d’une cuvée avec le vin d’une seule année.

En 2015, le champagne a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La Maison Méteyer reçoit en 2016 le Prix Pierre cheval du meilleur vigneron parmi 4000 autres vignerons.

Au final, je n’ai pas été déçue de ma visite à la maison Méteyer. Moi qui n’y connaissais rien sur la façon de produire du champagne, me voilà enfin instruite.

De plus, cerise sur le gâteau, je tombe, au moment de ma visite, le jour des vendanges ! Anne me fait faire le tour du propriétaire.

Pour information, il est également possible de découvrir leur vignoble à bord d’une authentique Diane.

En savoir plus : La Maison Méteyer

Semaine Z’Aisne : Tourisme de bien-être ou être bien dans l’Aisne…

Du 17 au 23 août, le département se mobilise et propose une semaine rythmée par des rendez-vous, encadrés par des professionnels du bien-être. Une compilation d’activités douces, organisées dans des lieux magiques, mystérieux, naturels, au cœur de paysages de l’Aisne, des jardins, des châteaux, choisies avec soin, à pratiquer, en solo, en famille ou entre amis.

Pas moins de 50 rendez-vous  « Bien-être » dans des sites emblématiques de l’Aisne sont en ligne et sont réservables sur l’Agence Aisne Tourisme.

Où dormir ?

J’ai dormi en chambre d’hôte au Logis du Parvis à Laon. La vue est imprenable puisque les chambres sont situées face à la Cathédrale Notre-Dame de Laon.

En savoir plus : Hotel Logis du Parvis

Remerciements

Cet article a été rédigé suite à un partenariat avec l’Agence Aisne Tourisme. Toutefois, toutes les opinions me sont propres et n’ont été en aucun cas influencées par le partenaire. Je tiens à remercier tout particulièrement Pascale pour l’organisation et son accompagnement sur ces deux jours fantastiques !

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